Standardisation des productions céramiques au Ve millénaire avant notre ère : analyse des assemblages du site de Los Cascajos (Los Arcos, Navarre)
Josephine Caro  1@  , Manuel A. Rojo Guerra  2@  , Íñigo García Martínez De Lagrán  2@  , Jesús Sesma Sesma  3@  , Jesús García Gazólaz  3@  , Luis Ortega  4@  
1 : Traces, UMR 5608
Université Jean Jaurès, Toulouse 2
2 : Universidad de Valladolid. Facultad de Filosofía y Letras. Departamento de Prehistoria, Arqueología, Antropología Social y Ciencias y Técnicas Historiográficas
3 : Dirección General de Cultura. Gobierno de Navarra
4 : Universidad del Pais Vasco

Après une première phase restreinte au littoral, la néolithisation du bassin nord-occidental de la Méditerranée a poursuivi son expansion vers les arrière-pays pour aboutir au panorama pleinement agricole qui caractérise le Néolithique moyen, mais la période de transition du milieu du Ve millénaire reste peu documentée. Pourtant, celle-ci témoigne d'un certain nombre de transformations amorçant un remodelage socio-économique qui prend toute sa vigueur à partir de 4200 av. J.-C. D'une manière générale, les horizons ou faciès dits de transition témoignent de la consolidation de l'économie de production par une exploitation de milieux de plus en plus diversifiés. L'implantation humaine devient plus intense et plus ancrée dans son territoire. Simultanément, les phénomènes de diffusion interrégionale s'accentuent dans divers domaines (matières premières lithiques, standards ornementaux des céramiques). Ces changements traduisent la mise en place de vastes réseaux d'échanges qui verront leur apogée au Néolithique moyen et également une certaine forme de spécialisation artisanale. Toutes ces caractéristiques évoquent ainsi une mutation structurelle des sociétés du Ve millénaire, interprétée comme le résultat d'une emprise démographique croissante.

Le site de Los Cascajos est un vaste gisement de plein air situé sur la commune de Los Arcos en Navarre (Espagne), dont la répartition des vestiges témoigne de diverses aires d'activités (habitat, nécropole, aire de stockage et structures de combustion à galets chauffés). Deux principales phases d'occupation sont reconnues de la fin du VIe millénaire jusqu'à la seconde moitié du Ve millénaire. La richesse des assemblages céramiques offre le cadre idéal à l'observation de l'évolution des productions dans un contexte d'innovation technique et stylistique encore mal défini. L'approche globale du document céramique, analysé sous l'angle typologique et technologique dans la perspective d'une confrontation diachronique, met en évidence l'existence d'un fonds commun entre les deux phases d'occupation, mais également une homogénéisation des manières de faire qui aboutit à la standardisation de la production. Ce phénomène permet d'aborder différents mécanismes moteurs de changement (perfectionnement technique, sélection, innovation, emprunt...), différentes modalités d'organisation de la production, notamment l'émergence d'un artisanat spécialisé, révélant ainsi le processus de complexification sociale qui caractérise les communautés agro-pastorales du Ve millénaire et qui va croître tout au long du Néolithique.


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