Migrations, mobilités et intégrations en Campanie protohistorique. Trajectoires, perspectives et idées reçues.
Anna Maria Desiderio  1@  , Arianna Esposito  2@  
1 : Université Paris Nanterre, UMR 7041 ArScAn - Equipe ESPRI / Università degli studi di Salerno - Dispac
ARSCAN
2 : Archéologie, Terre, Histoire, Sociétés [Dijon]  (ARTeHiS)  -  Site web
Ministère de la Culture et de la Communication, Université de Bourgogne, Centre National de la Recherche Scientifique : UMR6298
Université de Bourgogne - 6, Bd. Gabriel - 21000 Dijon -  France

Dans le cadre des études sur les migrations antiques, la Campanie protohistorique, avec sa grande variété de peuples et de modèles culturels, représente un cas d'étude tout particulièrement significatif. Elle offre un point d'observation privilégié et pertinent pour questionner nos regards actuels sur l'évolution des modes d'appréhension des phénomènes de mobilité, d'intégration ou d'exclusion (collectives ou individuelles) dans des schémas autres que ceux de la conquête coloniale archaïque. Plusieurs pistes s'ouvrent à la réflexion et le tableau qui en résulte est complexe.

Au-delà des mouvements de population, cette contribution, fondée sur les derniers résultats de la recherche et croisant archéologie et anthropologie biologique, se propose d'explorer les articulations complexes entre mobilités, migrations et constructions identitaires. Elle soulève des questions méthodologiques, telles qu'elles apparaissent à travers le filtre des nécropoles, sur la variété des processus de contact culturel, sur les rapports entre ethnicité et culture matérielle. Pour ce faire, elle aborde notamment les phénomènes de construction identitaire à Pithécusses et à Pontecagnano via l'adoption de marqueurs culturels et de pratiques rituelles inédites, permettant de saisir, en tenant compte bien entendu des spécificités propres à chaque contexte, les clivages, les métissages et les appartenances sociales, par-delà les frontières ethniques.

Dans cette perspective, il n'est pas question d'extrapoler des indicateurs archéologiques pour en faire des "indices" de pertinence ethnique, mais de les envisager dans une lecture globale des nécropoles, considérées comme des ensembles cohérents de culture matérielle. C'est seulement en abordant la culture matérielle en tant que système autonome, construit et validé dans le cadre de relations contextuelles, que l'on peut mesurer la pertinence des phénomènes de mobilité dans la documentation funéraire, et éviter ainsi toute interprétation essentialiste.


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