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Diffusion des rhyolites en Corse néolithique depuis les gisements montagnards : premiers résultats des méthodes d'analyses géochimiques
Arthur Leck  1, *@  , Nadia Ameziane-Federzoni  2@  , François-Xavier Le Bourdonnec  1@  , Rémy Chapoulie  1@  
1 : Institut de recherches sur les Archéomatériaux - Centre de Recherche en Physique appliquée à l'Archéologie  (IRAMAT-CRP2A)
Université Bordeaux Montaigne (UBM), CNRS : UMR5060
Maison de l'Archéologie, Esplanade des Antilles, 33607 Pessac -  France
2 : Travaux et recherches archéologiques sur les cultures, les espaces et les sociétés  (TRACES)
Université Toulouse 2, Centre National de la Recherche Scientifique : UMR5608
Maison de la Recherche, 5 allée Antonio Machado 31058 TOULOUSE Cedex 9 -  France
* : Auteur correspondant

Il n'existe pas en Corse de gîte naturel de silex ou d'obsidienne, ces matériaux ont donc dû être importés depuis la Sardaigne voisine au cours du Néolithique. Cependant, la rhyolite, une roche volcanique siliceuse autochtone a également été utilisée par les populations pré et protohistoriques en Corse. Cette roche a pu être exploitée à partir de nombreux filons sur l'ensemble de l'île mais les gisements de meilleurs qualités se concentrent au Nord-Ouest, dans le complexe volcanique du Monte Cintu, ainsi que dans certaines zones de haute-montagne.

Au cours du Néolithique la proportion de rhyolites dans les assemblages lithiques est très variable et semble liée à deux grands facteurs : l'éloignement des gîtes de rhyolites les plus importants, et le dynamisme des échanges avec la Sardaigne. L'étude des artefacts en rhyolite des sites néolithique corses et particulièrement la recherche des sources de matière première peut donc permettre de rendre compte à la fois de l'évolution des réseaux d'échanges et des évolutions d'occupations et d'exploitations des territoires, notamment en altitude.

On observe au Néolithique Final une diminution drastique de l'utilisation des matériaux lithiques d'origine sarde compensée par l'emploi plus important des rhyolites. Or à cette même période les établissements en altitude sont plus nombreux. Certaines de ces occupations de montagne sont en lien direct avec l'exploitation d'un gisement de rhyolite, comme sur le plateau d'Alzu, au Sud-Ouest de Corte. Les fouilles qui y sont menées depuis 2016 ont mis en évidence une exploitation très importante sur 46 ha et une zone d'habitation où l'on peut observer l'ensemble de la chaine opératoire, de l'extraction à la fabrication d'outils. En août 2017, un nouveau filon de rhyolite, associé à un site archéologique probablement occupé au Néolithique Final a été découvert dans la vallée de l'Ascu en bordure d'un chemin de transhumance.

Afin d'étudier la diffusion des rhyolites exploitées sur ces sites et dans les gisements alentours, nous avons récemment développé à l'IRAMAT-CRP2A des méthodes d'analyses géochimiques strictement non-destructives. Cette approche nous permet d'obtenir, au-delà de « l'empreinte digitale » de la roche, des informations sur la gestion de l'environnement, en particulier montagnard, par les populations néolithiques, via l'étude des modalités de diffusion des rhyolites depuis des sites producteurs comme le plateau d'Alzu.


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