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La pièce dite « intermédiaire » une composante des parures protohistorique, un bon indice de la spécialisation des tisserands au Bronze final et au premier âge du Fer
Yann Lorin  1, 2@  
1 : Histoire, archéologie, littératures des mondes anciens  (HALMA)  -  Site web
CNRS : UMR8142, MIN CULTURE, Université Lille III - Sciences humaines et sociales
Domaine Univ. du Pont de Bois Rue du Barreau - BP 149 59653 VILLENEUVE D ASCQ CEDEX -  France
2 : Institut National de Recherches Archéologiques Préventives  (INRAP)  -  Site web
INRAP

Cette communication propose de s'intéresser à un objet, la pièce intermédiaire qui fait partie d'une catégorie de parure corporelle apparaissant au Bronze final et que l'on retrouve pendant toute la Protohistoire. Précédemment, nous avions relié cette catégorie de parures avec l'activité des tisserands spécialisés, en particulier avec l'évocation du métier à tisser et des outils du tisserand dans la parure corporelle (Lorin 2018). Ce premier axe de recherche explorait la relation entre le textile et l'imaginaire protohistorique. L'univers iconographique ainsi dévoilé atteste de l'attrait qu'a pu représenter le tissage dans les sociétés par le passé, tant en terme allégorique, à travers le symbolisme dont il est investi, qu'en terme socio-économique, via l'apparent prestige qu'il traduit.

La poursuite de ce travail vise à préciser cette réflexion dans ses considérations sociétales, en s'intéressant au statut du porteur de cette parure. L'hypothèse est que le fait de la porter participe à l'identification de producteurs spécialisés dont le savoir-faire est transmis ou partagé au sein de filières de production structurées. L'objet témoigne des relations entre élites et producteurs en particulier à travers les aspects religieux.

Cette recherche envisage les variations typologiques et iconographiques de ces parures. On cherchera ainsi à donner du sens à l'existence d'objets similaires, ou typologiquement dérivés, et retrouvés dans plusieurs régions européennes. Des rapprochements stylistiques étroits existent à grande distance et sur la durée. Les comparaisons formelles permet de questionner les modalités de changement dans une zone d'interaction culturelle jusqu'à une autre, en estimant les mécanismes potentiels en œuvre dans des évolutions régionales. Parmi les explications proposées, on remarquera la permanence des idées s'exprimant à travers ces objets. La continuité tend à montrer qu'au-delà de la diffusion d'une forme, c'est une vision du monde qui est partagée, correspondant à « l'air du temps ». Il faut aussi envisager que ces parures représentent les indices des liens communautaires entre groupes humains offrant un contexte à la perpétuation de ces modes et expliquant le rythme de leur renouvellement dans le temps. Ces objets dévoilent sans doute une volonté d'afficher l'appartenance bien marquée à un groupe.

L'analyse de ces parures et la remise en contexte chronologique et sociétale semble fondamentale pour préciser le statut des tisserands et la nature des réseaux d'échanges. Cette approche thématique est donc l'occasion de revenir sur des questionnements théoriques afin de contribuer à mieux définir le modèle historico-culturel ou socio-économique permettant d'expliquer la perpétuation, la mutation des idées et les changements parfois concomitants et rapides de la typologie des mobiliers d'une région à l'autre.


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