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Les ossements existent en Bretagne : restes osseux humains en contexte détritique et une sépulture Bronze ancien d'un enfant très bien conservé sur l'île de Kemenez, mer d'Iroise.
Henri Gandois  1@  , Jennifer Kerner  2@  , Rozenn Colleter  3@  , Philippe Chambon  4@  
1 : Trajectoires - UMR 8215  -  Site web
Université Panthéon-Sorbonne, Centre National de la Recherche Scientifique : UMR8215
UMR 8215 Trajectoires MAE 21 allée de lÚniversité 92023 Nanterre cedex -  France
2 : Institut national de recherches archéologiques préventives  (Inrap)  -  Site web
Ministère de la Culture et de la Communication
121 rue dÁlésia75014 Paris -  France
3 : Inrap
INRAP
4 : Muséum National d\'Histoire Naturelle  (MNHN)  -  Site web
Ministère chargé de l'enseignement supérieur et de la recherche
57, rue Cuvier - 75231 Paris Cedex 05 -  France

Les tempêtes de l'hiver 2014 ont mis au jour de nombreux sites sur les côtes atlantiques et particulièrement sur les îles de la mer d'Iroise. Si plusieurs de ces sites ont disparu corps et biens sans aucune intervention, d'autres ont fort heureusement pu être fouillés au moins partiellement. L'un de ceux-ci, situé sur l'estran sud de l'île de Kemenez (Le Conquet, Finistère), était constitué d'un amas coquillier renfermant des restes osseux humains en connexion partielle. L'intervention s'est attachée à documenter et prélever les restes visibles en coupe avant qu'un nouveau coup de mer ne les fasse définitivement disparaître. Deux individus adultes ont été identifiés dans l'amas coquillier, l'un d'eux n'étant représenté que par son atlas, le reste des ossements ayant été très probablement avalé par la mer. Le deuxième était lui en connexion partielle, son dépôt correspondant à une inhumation primaire. Lors de l'élargissement de la zone de fouille, une sépulture d'enfant a été mise au jour à l'ouest de l'amas. Le corps est en connexion et en excellent état de conservation, chose particulièrement rare pour la Bretagne où l'acidité des sols détruit rapidement les restes osseux. La proximité avec l'amas coquillier, dont le calcaire des coquilles contribue à remonter le pH du sol, explique la préservation des ossements. L'enfant était disposé en procubitus, la tête vers l'ouest et les membres supérieurs fléchis et ramenés vers l'épaule gauche. Le corps s'est décomposé dans un espace vide, un petit coffre en pierre lui-même placé dans une fosse ceinturée de trous de piquets avec des pierres de calage sur tout son pourtour. Le corps a pu être daté par le radiocarbone à la fin du Bronze ancien (1700/1610 Cal BC), la datation des deux autres individus placés dans l'amas coquillier ainsi que d'une graine dans ce dernier renvoient à la même période chronologique.

Cet ensemble à la fois funéraire et détritique permet d'apporter des informations anthropologiques précieuses, car toujours très rares en Bretagne, et renseigne également sur des modes d'inhumation encore peu documentés.


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