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Un exemple de référentiel graphique de l'âge du Bronze à l'âge du Fer : enjeux et méthodes appliquées à l'Europe
Vincent Georges  1@  
1 : GEORGES  (Inrap/umr 6298 Artehis)
Institut National de Recherches Archeologiques Preventives, Institut national de recherches archéologiques préventives
48 rue charles de Gaulle 42300 ROANNE -  France

Un des moyens d'identifier des circulations intra-européennes repose, sans conteste, sur l'élaboration d'un référentiel graphique. L'un d'eux se poursuit depuis une dizaine d'années. Il porte sur les associations de motifs des bracelets métalliques, du XVIe au Ve siècle av. J.-C..

Ces ornementations entretiennent un rapport étroit avec des masses métalliques. Des dominants apportent ainsi la preuve de leur capacité à user de signes distinctifs. Une fois ornées, les matières portées donnent corps à des statuts précis. Cet art de paraître est institué – à grands renforts de richesses - au cours des rites d'intronisation qui assure le maintien des élites dans leurs prérogatives. Ce mode de conservation des élites s'organise sur la durée dans des réseaux de parentèles communs aux sociétés de rang de l'âge du Bronze et de l'âge du Fer. Dans ce cadre contraint, il se développe des esthétiques très codifiées, en particulier sur des bracelets ornés, mais pas seulement. L'immatérialité des graphismes est amplement démontrée dans leur capacité à couvrir des supports différents, tant métalliques qu'organiques, jusque dans la technique de la cire perdue. Une configuration sociale imprime sa marque. La contrainte de style se maintient autant qu'elle se prête a posteriori à un classement chronologique de ses variantes.

L'échelle de temps biséculaire est adaptée pour engager une histoire continentale de la mobilité des graphismes vestimentaires gravés sur métal de l'âge du Bronze à l'âge du Fer. Les profondes mutations à long terme s'accompagnent de différents cas de formes différentes synchrones qui s'entrecroisent aux antipodes du modèle ethnique.

Le style et la mobilité sont des critères mesurables. Ils rendent compte du devenir spatio-temporel des pratiques protocolaires qui régissent des alliances matrimoniales pouvant ou devant impliquer le déplacement de femmes ou d'hommes de haut rang. Les élites d'organisent et se déploient de cette manière en jetant un voile pudique sur les arrangements implicites parfois renseignés par les textes anciens. Quant à elle, l'archéologie dévoile des protocoles ostentatoires - mystificateurs dirons certains – utilisés par des dominants pour se parer et s'anoblir ainsi avec les richesses démonstratives du plein exercice de leur pouvoir.


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