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Archéozoologie et taphonomie des restes aviaires de la Grotte de Castelcivita (Salerno, Italie).
Ivana Fiore  1, *@  , Monica Gala  1@  , Annamaria Ronchitelli  2, *@  , Antonio Tagliacozzo  1, *@  
1 : Museo delle Civiltà - Museo Nazionale Preistorico Etnografico "Luigi Pigorini"
Piazza Guglielmo Marconi, 14 00144 Roma -  Italie
2 : Università Di Siena, Dipartimento di Scienze Fisiche, della Terra e dell'ambiente
* : Auteur correspondant

Les fouilles menées dans la grotte de Castelcivita par l'institut d'Anthropologie et Paléontologie Humaine de l'Université de Sienne ont mis en évidence une succession stratigraphique d'environ 3 mètres d'épaisseur, avec les niveaux culturels plus profonds attribuables au Moustérien, suivi des niveaux de l'Uluzien et du Protoaurignacien. Le cadre chronologique de la série se situe entre le Mousterian final (environ 43000 BP) et l'ignimbrite campanienne (39,85 ± 0,14 ka) qui scelle les niveaux de fréquentation paléolithique.

L'analyse paléontologique précédente a permis de déterminer 542 restes d'oiseaux dont 430 ont été déterminé au niveau spécifique. Les restes, appartenant à au moins 174 individus de 36 espèces, sont concentrés surtout dans les niveaux uluziens. Ils sont également fréquents dans les niveaux protoaurignaciens à lamelles Dufour ainsi que dans les niveaux moustériens, tandis qu'ils sont plus rares dans les niveaux sommitaux protoaurignaciens.

Durant le Moustérien les oiseaux de milieux rocheux et ouverts sont abondants ; les espèces aquatiques (surtout les Anatidés) et forestières sont aussi fréquents. Dans les niveaux uluziens on assiste à un accroissement net des espèces de prairie steppique au détriment des espèces de milieu rocheux et aquatique. Dans les niveaux protoaurignaciens on observe une autre raréfaction des oiseaux d'habitat aquatique et boisé témoignant de conditions plus steppiques, reflétant un climat plus froid et aride.

La présence d'espèce que ne fréquentent pas les grottes, Ansériforme et Galliforme (les oiseaux les plus communs à Castelcivita), a été interprétée dans un premier temps comme le résultat de leur introduction par l'homme et ensuite issus de la chasse. L'analyse taphonomique des surfaces osseuses (analyse des traces de prédation, coupe, fracturation, cuisson, mastication, etc.) des restes aviaires a permis d'identifier un rôle des chasseurs paléolithiques dans l'accumulation des oiseaux dans cette grotte. Des traces (stries, impacts et fractures) témoignent d'une activité anthropique sur la carcasse des oiseaux. Les traces d'autres prédateurs sont rares.

La particularité de la séquence stratigraphique avec une continuité des niveaux de fréquentation de H. neanderthalensis et H. sapiens fournit, en outre, des indications utiles sur le rôle dans la subsistance humaine dans le passage du Paléolithique moyen au supérieur.



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