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Qui fabriquait le fer pour les forges des Princes Bituriges (VIe-Ve s. av. J.-C.) ?
Emilie Caillaud  1@  , Anne Filippini  2@  , Nadine Dieudonné-Glad  1@  
1 : Hellénisation Romanisation des mondes Anciens  (HERMA)  -  Site web
Université de Poitiers : EA3811
Faculté de sciences humaines 8 rue Descartes 86000 Poitiers -  France
2 : Travaux et recherches archéologiques sur les cultures, les espaces et les sociétés  (TRACES)
Université Toulouse 2, Centre National de la Recherche Scientifique : UMR5608
Maison de la Recherche, 5 allée Antonio Machado 31058 TOULOUSE Cedex 9 -  France

La question de la provenance du métal, c'est à dire l'endroit où le minerai a été transformé en fer peut être maintenant traitée grâce à l'utilisation de techniques analytiques et statistiques permettant la définition d'une « signature chimique » liée à l'emploi d'un minerai et détectable dans les inclusions de scories, impuretés présentes dans le métal travaillé. L'étude par Anne Filippini des ateliers de forge du Ve s. av. J.-C. de l'habitat aristocratique de Bourges a mis en évidence une production spécialisée de fibules, mais aussi la présence de chutes de métal dont la signature chimique a été déterminée par Emilie Caillaud dans le cadre d'une thèse sur l'approvisionnement en fer dans le centre-ouest de la France, durant la protohistoire et la période romaine. Parallèlement, une zone de production métallurgique datée des VIe-Ve s. av. J.-C., située à une quarantaine de kilomètres de Bourges, en territoire biturige, a livré une vingtaine d'ateliers dont six ont été fouillés, montrant l'utilisation d'une technologie connue jusque là essentiellement à partir du IVe s. av. J.-C., permettant la réutilisation des fours à plusieurs reprise, ce qui n'était pas le cas de la technologie utilisée au début du Hallstatt. La mise en commun de l'ensemble de ces données permet d'esquisser la vision de changements techniques dans la métallurgie du fer dont on ne peut encore dire s'ils sont la cause ou la conséquence du changement social lié à l'émergence d'une aristocratie. Par ailleurs, des pistes, parfois inattendues, se dessinent pour comprendre les stratégies d'approvisionnement en fer brut ou en « demi-produits » des forgerons installés à Bourges au Ve s. av. J.-C. Ce type d'étude, mené systématiquement sur les zones de production et de transformation du fer permettra sans aucun doute, à terme, de savoir si l'organisation biturige est originale ou conforme à celle pratiquée par les autres sociétés aristocratiques contemporaines.


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