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L'émergence du Magdalénien : rythme des changements techniques au cours du 18ème millénaire BP au Taillis des Coteaux (Antigny, Vienne, France).
Jérôme Primault  1, 2@  , Laurent Brou  3@  , Fanny Bouché  4@  , Cyril Catteau  4@  , Pascaline Gaussein  5@  , Annabelle Gioé, Christophe Griggo  6@  , Claire Houmard  7@  , Virginie Le Fillâtre  8@  , Caroline Peschaux  9@  
1 : Direction Régionale des Affaires Culturelles Nouvelle Aquitaine  (DRAC)  -  Site web
Ministère de la Culture et de la Communication
102, grand'rue ; 86 000 Poitiers -  France
2 : Archéologies et Sciences de l'Antiquité  (ArScAn - ANTET)  -  Site web
Université Paris I - Panthéon-Sorbonne, CNRS : UMR7041, Université Paris X - Paris Ouest Nanterre La Défense
Maison René Ginouvès Boîte 3 21, allée de l'université 92023 NANTERRE CEDEX -  France
3 : Centre National de Recherche Archéologique  (CNRA)
Bertrange -  Luxembourg
4 : ARSCAN
ARSCAN
5 : Préhistoire et Technologie  (PréTech)  -  Site web
Université Paris Nanterre : UMR7055, Centre National de la Recherche Scientifique : UMR7055
Maison René Ginouvès 21, allée de lÚniversité 92023 Nanterre Cedex -  France
6 : Laboratoire EDYTEM
Université de Savoie, CNRS : UMR5204
Pole Montagne, Campus scientifique, 73376 Le Bourget du Lac -  France
7 : Laboratoire Préhistoire et technologie  (CNRS UMR 7055)  -  Site web
Université Paris X - Paris Ouest Nanterre La Défense : EA020, CNRS : UMR7055
21 allée de l'Université. F-92023 NANTERRE Cedex -  France
8 : PACEA
PACEA (UMR 5199)
9 : Archéologies et Sciences de l'Antiquité  (ArScAn)  -  Site web
Université Paris I - Panthéon-Sorbonne, CNRS : UMR7041, Université Paris X - Paris Ouest Nanterre La Défense
Maison René Ginouvès Boîte 3 21, allée de l'université 92023 NANTERRE CEDEX -  France

Ces quinze dernières années, le débat sur l'émergence du techno-complexe magdalénien a connu de profonds bouleversements, tant dans la définition de son identité technique que dans ses limites chronologiques. Au sein de ce débat, la grotte du Taillis des Coteaux, fouillée depuis 2000, conserve une séquence clé. Couvrant pratiquement tout le Paléolithique supérieur (30 / 14 500 BP), cette séquence livre notamment une vingtaine de nappes de vestiges de la fin du Dernier Maximum Glaciaire. La finesse de certains enregistrements, la richesse des assemblages archéologiques et l'ampleur des surfaces fouillées permettent de percevoir avec une acuité inédite les conditions d'émergence et de développement du Magdalénien inférieur entre 18 et 17 000 BP au sein d'une ambiance climatique marquant le passage relativement rapide du Pléniglaciaire final au Dryas ancien. Ainsi, après une série d'occupations badegouliennes datées, pour les plus récentes, vers 18 100 BP, les premiers magdaléniens occupent régulièrement la grotte du Taillis des Coteaux dès 17 800 BP et jusqu'à 16 900 BP. Chacune de ces occupations est marquée par l'implantation et l'entretien d'au moins un grand foyer. La chasse se concentre préférentiellement sur le renne et dans une moindre mesure sur le cheval, complétée par une pêche au saumon, à la truite et à l'ombre. Les équipements lithiques (divers types de micro-armatures) et en matières dures d'origine animale (divers types de pointes de sagaies) confirment la fonction cynégétique première de ces haltes de courtes durées.

Trois épisodes sont actuellement reconnus au sein de ce Magdalénien inférieur, marqués par des changements, mais aussi et surtout des continuités, dans les équipements et les comportements techno-économiques. Le premier épisode (17 800 / 17 600 BP) voit se mettre en place l'ensemble des fondamentaux de l'identité magdalénienne, avec une production lamellaire abondante, structurée et microlithique (dont une production sur nucléus de type Orville et/ou Rocher-de-la-Caille), des lamelles à dos bi-pointes et des outils doubles sur grandes lames, une industrie sur bois de renne obtenue par rainurage, une parure diversifiée (coquillages, os, dents) et un art gravé notamment figuratif sur industrie osseuse comme sur plaquettes calcaires. Le second épisode (17 600 / 17 100 BP) marque la disparition des micro-lamelles à dos bipointes au profit de micro-armatures à retouche marginale. L'art disparaît. Le dernier épisode (17 100 / 16 900 BP) voit réapparaître les micro-armatures à dos bipointes (et disparaître les lamelles à retouche marginale, de même que le débitage de type Orville) ainsi qu'un art gravé mobilier uniquement abstrait.

La grotte du Taillis des Coteaux confirme que les grands traits culturels qui, pour le préhistorien, fondent le Magdalénien classique, se mettent en place très tôt et, par conséquent, ne marquent pas de rupture culturelle majeure avec le Magdalénien moyen.



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