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« Archéologie, interdisciplinarité et encyclopédisme : l'exemple de l'Exposition universelle de 1878 »
Annick Fenet  1@  
1 : Archéologie et Philologie dÓrient et dÓccident  (AOROC)  -  Site web
École normale supérieure - Paris, Ecole Pratique des Hautes Etudes, Centre National de la Recherche Scientifique : UMR8546
CNRS : UMR8546 - Ecole Normale Supérieure de Paris - ENS Paris - 45 Rue dÚlm 75230 PARIS CEDEX 05 -  France

Hauts-lieux de l'encyclopédisme et de la valorisation du progrès scientifique et technique, les Expositions universelles du XIXe siècle s'avèrent une formidable vitrine d'interdisciplinarité. On s'intéressera ici à l'Exposition universelle de 1878 au sein de laquelle, dans le palais du Trocadéro construit à Paris pour l'occasion, se tint une Exposition historique de l'art ancien, à laquelle on adjoignit, selon les termes des organisateurs, « une Exposition ethnographique, pour mettre sous les yeux du public un tableau de la marche de la civilisation à travers les âges et de ses développements successifs dans les différentes contrées du globe ». Les visiteurs purent y admirer une réunion d'environ 40.000 objets datés depuis la préhistoire (« âge de pierre ») jusqu'à l'an 1800, répartis sur 15 salles au total, dont 3 concernaient les origines et l'Antiquité. Même si cette exposition suscita quelques critiques, elle connut un grand rayonnement, tant en France qu'à l'étranger, et fut aussitôt considérée comme désormais inégalable.

L'étude portera sur la manière dont l'archéologie fut ainsi présente, au travers de cette manifestation mais aussi en d'autres lieux (congrès associés, expositions des pavillons nationaux...), dans cette Exposition universelle. Elle s'attachera en particulier à sa diversité thématique (tant en termes de civilisations évoquées que d'approches scientifiques et techniques) et celle de ses protagonistes. En effet, les objets exposés et les reconstitutions proposées à Paris en 1878 sont le reflet de travaux menés par des acteurs de milieux et de nationalités diverses : scientifiques (conservateurs, archéologues, épigraphistes...), explorateurs, médecins, collectionneurs, militaires, sociétés savantes, etc., œuvrant ou non sur le terrain. Ces artefacts et les discours qui y sont associés témoignent de la complexité des pratiques et des échanges scientifiques à l'œuvre, dans une seconde moitié du XIXe siècle qui voit l'institutionnalisation de l'archéologie et la délimitation de champs disciplinaires.


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