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Façonner le biface à l'Acheuléen : quel rôle pour les techniques de percussion ?
Sophie Clement  1, 2@  
1 : Inrap
INRAP
Centre archéologique de la Courneuve, 34-36 Avenue Paul Vaillant-Couturier, 93120 La Courneuve -  France
2 : AnTET, UMR 7041  -  Site web
Université Paris Nanterre, Centre National de la Recherche Scientifique : UMR7041
Maison René Ginouvès, allée de l'université 92023 NANTERRE CEDEX -  France

Durant l'Acheuléen, les tailleurs de la Préhistoire ont façonné des milliers de pièces bifaciales, dans un éventail de matières premières, allant du silex au basalte en passant par l'os et le calcaire. La variabilité technique et morphologique incontestable de ces outils emblématiques ont conduit à diverses analyses et interprétations, en particulier sur leur réalisation. Ainsi, on présume souvent que les techniques de percussion utilisées pour façonner un biface ont une incidence sur la qualité d'exécution ou le degré de finition de celui-ci. Et il n'est pas rare de voir le percuteur tendre organique, dont l'utilisation a été établie dès -700 000 ans au Kenya, élevé au rang d'outil qui aurait permis l'obtention de pièces bifaciales plus abouties d'un point de vue symétrique et volumétrique, pour ne pas dire esthétique. Mais y a-t'il réellement un lien de cause à effet ?

Pour aborder la question de la reconnaissance des stigmates de percussion sur le matériel archéologique de manière critique, dans le cadre spécifique des matières premières microgrenues et tenaces propres aux premières séries identifiées pour la percussion tendre organique, une expérimentation a été réalisée exclusivement avec des matériaux africains, tant pour les produits façonnés que pour les percuteurs. Plusieurs techniques de percussion ont été testées, permettant ainsi de mesurer le degré de résolution de ces stigmates. La mise en relation de l'analyse structurelle des pièces bifaciales avec les techniques utilisées donne des éléments de réponse sur la question du lien entre la technique de percussion et la morphologie du biface permettant ainsi de comprendre la hiérarchie technique qui peut en découler. Grâce à d'autres résultats, concernant à la fois des collections issues de sites du Sud-ouest de la France et une expérimentation sur des quartzites, l'importance du concept de départ et de la structure du biface est ainsi mise en exergue, face aux possibilités qu'offrent les techniques de percussion. Les perspectives obtenues autorisent alors une réflexion nouvelle sur la place de ces techniques à l'Acheuléen.


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