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Nomadisme magdalénien et azilien à travers le Plateau suisse : Au fil des ans, une saison ou deux à Monruz et à Champréveyres.
Marie-Isabelle Cattin  1@  
1 : Office du Patrimoine et de l'Archéologie de Neuchâtel (Suisse)  (OPAN)  -  Site web
Espace Paul Vouga 2068 Hauterive -  Suisse

Localisés au pied de la chaîne du Jura suisse, les campements magdaléniens et aziliens de Neuchâtel-Monruz et Hauterive-Champréveyres (Suisse) se caractérisent par une forte introduction de silex d'origines allochtones. L'analyse pétrographique des matières siliceuses a permis d'identifier des lieux d'approvisionnement sur l'ensemble de la chaîne du Jura, mais également au-delà. L'étude techno-économique met en évidence les diverses formes d'introduction de ces types de silex. D'autres matériaux (lignite, ambre, coquillages fossiles) ont été utilisés pour la confection de parure révélant également des provenances parfois très lointaine. C'est donc un espace parcouru ou connu qui apparaît, ainsi que le contenu des bagages (armes de chasse, outils, matières premières, etc. que les Préhistoriques transportaient avec eux dans leurs déplacements). Toutefois, des questions surgissent également quant aux parcours empruntés, aux relations établies ou à la circulation des individus et des idées.

L'étude des faunes livre des informations quant aux saisons d'occupations des sites et l'analyse des foyers renseigne sur la multiplicité des occupations. Ces données, confrontées à celles du matériel lithique, ouvrent le champ des interrogations sur le bagage des préhistoriques : qu'est-ce qui est introduit et à quel moment ? Quelques indices permettent de supposer que certains matériaux seraient plutôt arrivés au printemps, d'autres à l'automne. De même, au fil des périodes, des territoires ne semblent plus fréquentés alors que d'autres sont découverts. Les connaissances des lieux varient, signifient-ils l'impossibilité de se rendre à certains endroits ou la disparition temporaire de certains lieux d'approvisionnement ou uniquement un changement dans la connaissance des territoires ?

Enfin, des variations dans les quantités des matières introduites et la présence parfois importante des matières locales permettent de s'interroger sur les moments de l'année plus ou moins propice à la nomadisation sur de longue distance.

Ces différentes données ont permis de suggérer des hypothèses de fréquentation du territoire en fonction des saisons et cela au cours des diverses occupations, mais aussi de proposer de possibles circuits circulaires reliant le Jura souabe (au sud de l'Allemagne) à la vallée du Rhône (au sud de Genève). Combien de groupes fréquentaient ce territoire et quelle était l'amplitude de leur déplacements restent cependant des questions en suspens.


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