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UNE TECHNIQUE POUR UN PEUPLE : LE CAS D'UNE TRADITION RUPESTRE MAJEURE DU SALVADOR
Philippe Costa  1, *@  
1 : Archéologie des Amériques  (ARCHAM)
CNRS : UMR8096
20 Allée de l'Université Nanterre -  France
* : Auteur correspondant

Au Salvador, c'est la gravure qui est la technique la plus répandue en art rupestre ; sur les 70 sites connus, seulement neuf présentent des peintures. À l'intérieur de ces gisements gravés, un groupe a pu être identifié où la technique est combinée ; c'est-à-dire que les gravures ont été peintes, sans doute afin de faire ressortir les gravures sur le fond du support. Si dans un premier temps, l'authenticité de cette technique ne pouvait pas être affirmée, des analyses récentes en laboratoire ont permis de prouver son ancienneté. Elle se rapporte à des gisements qui partagent, en plus des caractéristiques techniques, une iconographie similaire. Ces sites constituent la tradition rupestre la plus importante du Salvador par leur nombre (17 à ce jour), mais aussi car leur foyer est géographiquement concentré sur le pays. En plus des analyses en laboratoires, les recherches franco-salvadoriennes se sont efforcées d'approfondir nos connaissances de ces sites à l'iconographie intrigante. En effet, les éléments figuratifs sont extrêmement rares. Ce sont en particulier des sondages archéologiques menés sur les sites qui sont parvenus à nous apporter des indications chronologiques sur la réalisation des gravures. D'un point de vue culturel, un rapprochement avec un groupe particulier a même pu être avancé ; ces gisements seraient l'œuvre des groupes Lencas du Salvador. Cette tradition rupestre originale illustre l'autonomie culturelle et la capacité créative d'une région trop souvent abordée comme réceptacle des influences mésoaméricaines. La diffusion de cette tradition ne se limite pas uniquement au Salvador puisqu'un gisement est connu dans l'est du Guatemala, proche il est vrai de la frontière avec le Salvador.


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