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Routes transpéninsulaires de l'Isthme de Kra (Thaïlande-Myanmar) : corridors commerciaux et culturels privilégiés des routes de la soie ? Confrontation des arguments historiques, archéologiques et géomorphologiques.
Julien Curie  1, *@  , Bérénice Bellina  2@  , Christophe Petit  3, *@  
1 : UMR 7041 ARSCAN "Archéologie et sciences de l'Antiquité", Équipe "Archéologies environnementales"  (UMR 7041)
Université Paris I - Panthéon-Sorbonne
2 : CNRS  (UMR7055)
Université Paris Ouest Nanterre La Défense
Maison archéologie et ethnologie -  France
3 : Paris I  (UMR7041)
Université Paris I - Panthéon-Sorbonne
Maison Archéologie et Ethnologie -  France
* : Auteur correspondant

La péninsule Thaï-Malaise est une bande de terre qui constitue tout à la fois un pont entre l'est de l'Océan indien et la Mer de Chine et une barrière. Elle est caractérisée par la chaîne de Tenasserim qui peut atteindre 2000m d'altitude et qui s'étire du nord au sud. Elle est entaillée par endroits par des vallées fluviales majoritairement orientées nord-est/sud-ouest. Si l'utilisation de certaines de ces voies trans-péninsulaires est avérée depuis le 17ème siècle à l'époque du royaume de Siam, leur utilisation au cours de périodes plus anciennes était jusque récemment débattue.

Toutefois, la découverte par la mission archéologique franco-thaïe d'un réseau de sites de la fin de la préhistoire et du début de la période historiques de natures variées mais liés entre eux conduit à repenser l'utilisation de ces axes de circulations montagneux et l'émergence de système politiques qui leur sont associés. La présence de ces sites qui ponctuent les vallées fluviales, ainsi que l'existence d'un possible passage souterrain repéré dans les reliefs karstiques, permettent de repenser les circulations sur ces axes montagneux difficilement empruntables. Ces derniers sont en effet caractérisés par de fortes pentes, des variations brutales saisonnières (moussons) et par une végétation tropicale dense. Leur utilisation implique de recourir à des moyens de transports multiples pour palier à ces difficultés. C'est dans ce cadre que de nouvelles approches géoarchéologiques, qui associent des éléments géomorphologiques et paléo-environnementaux, contribuent à renouveler les perspectives sur le franchissement de cette péninsule dans le passé et sur les axes de circulations régionaux. Elles consistent, à travers la mise en place d'un SIG, à restituer d'une part les dynamiques naturelles sur le temps court de la région et d'autre part, à intégrer les argumentaires historiques, archéologiques et ethnographiques afin d'appréhender les modalités de circulation en péninsule. Retracer l'historique de ces routes devrait permettre de repenser les évolutions des structures économiques et politiques des cités marchandes dont le développement en péninsule est étroitement lié aux réseaux fluviaux, de leur arrière-pays (forestier et maritime) et au-delà des cités marchandes des bassins maritimes voisins. 


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