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Jbel Ihoud, nouvelles données sur l'origine d'Homo sapiens
Jean-Jacques Hublin  1, *@  , Abdelouahed Ben-Ncer  2, *@  
1 : Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology, Leipzig, Germany
2 : Institut National des Sciences de l'Archéologie et du Patrimoine
* : Auteur correspondant

La datation radiométrique des fossiles humains de Jbel Irhoud (province de Youssoufia, Maroc) situe leur âge aux alentours de 300 000 ans, bien au-delà des estimations précédemment proposées pour ce site. En replaçant l'Afrique du Nord au cœur des débats relatifs à l'origine de l'espèce Homo sapiens, ces datations sont venues ébranler une thèse établie dès les années 1980 et qui privilégiait pour notre espèce une origine subsaharienne, et plus particulièrement est-africaine, aux environs de 200 000 ans BP. Les restes fragmentaires d'au moins 5 individus livrés par le site de Jbel Irhoud représentent la série fossile la plus riche et la plus ancienne qui documente une phase évolutive initiale d' Homo sapiens . L'analyse morphométrique révèle une combinaison de traits archaïques observés sur la voûte crânienne et l'encéphale et des traits dérivés de la face et du système masticateur qui placent ces fossiles dans l'ascendance directe des Hommes modernes. Les fossiles d'Irhoud ont été retrouvés associés à une faune du Pléistocène moyen et une industrie lithique abondante. La faune est variée et caractéristique d'un milieu ouvert. Une trentaine d'espèces de mammifères sont représentées, avec une large prédominance des gazelles. L'industrie lithique, quant à elle, est caractéristique d'un Middle Stone Age (MSA) initial, le plus ancien connu à ce jour sur le continent africain. Les innovations techniques qui marquent l'essor de cet assemblage lithique sur l'ensemble de ce continent sont probablement liées à l'expansion panafricaine des premières formes de l'espèce Homo sapiens.


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