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Dépôt d'un ensemble d'éléments ornementaux dans le Paléolithique supérieur du Cau del Roure (Serinyà, nord-est de la Péninsule Ibérique)
Julià Maroto  1@  , Ferran Millan  1@  , Meritxell Álvarez  1@  , Silvia Albizuri  1, 2@  , Carles RoquÉ  3@  , Florent Rivals  4, 5@  , Ethel AlluÉ  4, 6@  , Manuel Vaquero  4, 6@  
1 : Àrea de Prehistòria, Universitat de Girona
pl. Ferrater Mora 1, 17004 Girona. -  Espagne
2 : SERP, Universitat de Barcelona
c/ Montalegre, 6, 08001 Barcelona -  Espagne
3 : Àrea de Geodinàmica Externa, Universitat de Girona
campus de Montilivi, 17003 Girona -  Espagne
4 : IPHES - Institut Català de Paleoecologia Humana i Evolució Social
c/ Marcel·lí Domingo s/n, Campus Sescelades URV (Edifici W3), 43007 Tarragona. -  Espagne
5 : Instituciò Catalana de Recerca i Estudis Avançats  (ICREA)
Barcelona -  Espagne
6 : Àrea de Prehistòria, Universitat Rovira i Virgili
avinguda Catalunya 35, 43002 Tarragona. -  Espagne

Le Cau del Roure est une petite cavité à accès vertical située dans les grottes du Reclau (Serinyà, Catalogne). Les fouilles anciennes, effectuées par J.M. Corominas en 1973, ont préservé la moitié de la surface du site : un témoin de 3m2 et de 1.40m de puissance. Ce témoin est en cours d'étude et fouille depuis 2012.

Les 1,40 m de sédiment correspondent apparemment â une seule unité stratigraphique, qui serait située au début du Paléolithique supérieur, avec un âge compris entre 30 000 et 39 000 ans calibrés BP.

Les restes archéologiques sont très rares. L'industrie lithique est quasi inexistante, en particulier il y a un percuteur coloré avec de l'ocre. Par contre, il y a un ensemble surprenant d'éléments ornementaux, dont 7 (au moins) coquilles marines perforées du taxon Nucella lapillus sont les principaux. D'après les données actuelles, cette coquille provient de l'Atlantique, ce qui augmente son intérêt scientifique. Ceci n'est pas un fait isolé, car il y a aussi des perles de la coquille de cet escargot dans d'autres gisements du Paléolithique supérieur des grottes voisines de Serinyà et de la Méditerranée ibérique.

Les restes de grands mammifères sont présents mais ne sont pas très abondants. Toutefois, ils sont suffisamment significatifs. Il y a la présence, par ordre approximatif de fréquence, de : Equus ferus, Cervus elaphus, Lynx pardinus, Vulpes vulpes, Bos primigenius, Capreolus capreolus, Canis lupus, Felis silvestris et Ursus sp. Les marques de carnivores sont relativement abondantes, bien que la présence de nombreux os et dents complets mérite d'être mentionnée. La représentation squelettique, taxonomique et des marques taphonomiques fait penser à un apport majoritaire des carnivores. Parmi eux, il dominerait, sans être le seul, un carnivore tel que le loup. Il n'y aurait aucune relation directe entre ces restes et les éléments d'ornementation.

Les restes de lapin et d'autres méso-mammifères, oiseaux, micro-vertébrés et coquilles continentales sont très abondants, mais ils n'ont pas non plus de relation directe avec les vestiges archéologiques.

Étant donné que les indicateurs d'occupation humaine dans le site sont très limités, il est difficile d'interpréter l'accumulation des éléments d'ornementation si on ne considère pas qu'ils forment partie du même objet.

Mais en raison de son contexte - la présence ponctuelle de cet objet précieux dans un repaire de carnivores sans activité humaine - la possibilité d'une interprétation symbolique peut être considérée. En effet, le registre archéologique de ces dernières années dans la Péninsule Ibérique montre quelques exemples d'objets ornementaux du Paléolithique supérieur qui peuvent être interprétés comme des offrandes symboliques isolées.


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