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La place des félins dans les sociétés du Paléolithique supérieur : le cas du territoire français
Marie Gillard  1, *@  
1 : Cedarc
* : Auteur correspondant

Déterminer la place que pouvaient avoir les félins dans les sociétés du Paléolithique supérieur en France a nécessité, dans le cadre d'un mémoire de master, de s'intéresser à plusieurs aspects de la vie de ces sociétés à savoir l'art mobilier et pariétal, la parure, l'industrie et l'alimentation.

L'étude de l'art a démontré que le félin restait un thème relativement exceptionnel au sein du bestiaire figuré de la Préhistoire. Néanmoins, malgré la rareté de cette thématique, les artistes paléolithiques ont traité les félins avec autant de détails que les autres animaux, montrant qu'ils les ont vus et observés. L'étude morpho-anatomique des représentations de ces animaux a démontré des constantes formelles ainsi que l'importance de certains segments anatomiques tels que la tête mais aussi la rareté de certains autres pourtant caractéristiques (crocs, griffes, etc).

La parure reste, elle, pour l'ensemble du Paléolithique supérieur, pauvre en dent de félins. Les quelques rares dents félines perforées, plus particulièrement de lion des cavernes et de lynx, appartiennent essentiellement à l'Aurignacien.

Durant cette même période, les hommes ont parfois utilisé les dents de félins comme retouchoirs. Ces outils particuliers ont surtout été retrouvés en Charente, Dordogne et Lot, matérialisant peut-être le passage d'un même groupe. En dehors de ces trois régions, les félins ne semblent pas avoir eu une réelle importance dans l'industrie des hommes du Paléolithique supérieur et encore moins dans leur alimentation. En effet, le site du Closeau semble être le seul à avoir livré des restes de lion des cavernes présentant des traces anthropiques témoignant d'une possible consommation de l'animal et/ou de récupération de la peau.

Afin d'avoir une vision plus exacte de la place des félins dans l'industrie et l'alimentation des hommes préhistoriques, il serait nécessaire de passer en revue les dents et les ossements des anciennes collections. Ces dernières possèdent sans doute d'autres indices d'exploitation du félin par l'homme du paléolithique supérieur.

Avec les données actuelles, il est possible de dire que les félins ont occupé une place plus importante dans l'univers symbolique (art et parure) des sociétés du Paléolithique supérieur en France que dans leur industrie et leur alimentation.



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