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Le Grand Plafond de Rouffignac revisité : Apport des analyses de pigments par fluorescence X in situ.
Marine Gay  1, 2, *@  , Frédéric Plassard  3@  , Katharina Müller  4@  , Ina Reiche  4@  
1 : Laboratoire d'Archéologie Moléculaire et Structurale  (LAMS)
Université Pierre et Marie Curie [UPMC] - Paris VI
2 : Chercheur associé, UMR 7194, Département de Préhistoire, 75013 Paris
Muséum National d\'Histoire Naturelle
3 : UMR 5199, PACEA
Université de Bordeaux, Université de Bordeaux
4 : Rathgen-Forschungslabor, Staatliche Museen zu Berlin-Stiftung Preußischer Kulturbesitz
* : Corresponding author

La grotte de Rouffignac réunit environ 250 figurations animales gravées ou dessinées en noir. Le Grand Plafond constitue la composition majeure avec 65 images de mammouths, bisons, chevaux, bouquetins et rhinocéros, entremêlés sur une quarantaine de mètres carré. Pas plus l'observation stylistique des dessins que l'étude de leurs superpositions n'ont permis, jusqu'ici, de déceler une organisation claire de cet ensemble, ni d'appréhender complètement la chronologie relative de son exécution.

Une caractérisation physico-chimique systématique des pigments noirs de l'ensemble du Grand Plafond a donc été conduite avec un équipement portable de spectrométrie de fluorescence X. De par leur caractère non-invasif, ces mesures ont pu être effectuées en différents points de chacun des dessins, permettant d'obtenir des résultats statistiques fiables de la concentration de chacun des éléments chimiques constituant le pigment, tout en respectant l'intégrité des figures. A ce jour, le nombre d'analyses chimiques réalisées sur ce panneau (plus de 200), en fait le plus étudié sous cet angle dans l'ensemble de l'art pariétal franco-cantabrique.

Ces analyses conduisent à séparer les dessins du Grand Plafond en différents groupes de pigment (au moins trois oxydes de manganèse distincts identifiés), révélant une utilisation d'au moins trois crayons noirs par les artistes du Paléolithique. Malgré l'absence d'une organisation générale du Grand Plafond, la combinaison de trois approches (stylistique, étude des superpositions et chimique) amène à une relecture du tracé de certains dessins ainsi qu'à une réévaluation de l'agencement de certains groupes de figures. Ces résultats permettent de poser un nouveau regard sur l'organisation de sous-ensembles composant le Grand Plafond et sur leur chronologie de réalisation. L'utilisation alternative de différents crayons au sein des mêmes groupes d'images apporte, de plus, des arguments en faveur de la contemporanéité des œuvres réalisées par une équipe d'artistes restreinte.

Cette recherche, résolument pluridisciplinaire, met en lumière le potentiel des analyses in situ non-invasives de l'art pariétal pour caractériser les matériaux de l'art, mais aussi pour reconstituer les relations entre les images sur la plan organisationnel et chronologique (chronologie relative).


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