Le concept d'un « artisanat de cour » : l'exemple de la tombe princière de Lavau
Emilie Millet  1@  , Bastien Dubuis  2, *@  
1 : INRAP
CNRS : UMR8546 AOrOc
2 : INRAP
CNRS : UMR6298 ARTeHIS
* : Corresponding author

Le phénomène princier marquant le nord des Alpes entre 550 et 450 avant notre ère fourni quelques dizaines de tombes fastueuses riches d'importations méditerranéennes et de productions celtiques de haut niveau. La tombe de Lavau en constitue un des exemples les plus tardifs et la composition du dépôt funéraire est empreinte tant du standard hallstattien que de nouveautés laténiennes, comme l'usage de décors du premier style celtique. Les objets de grande qualité technique découverts là traduisent l'existence d'artisans hors-pairs, travaillant certainement sur commande et évoluant au contact du milieu princier, dont le pouvoir d'attraction conduit à utiliser des matériaux et des techniques d'origines différentes, mobilisant un savoir-faire de haut niveau ou hyperspécialisé. On perçoit dès lors, à travers plusieurs objets, la main de maîtres artisans cultivés évoluant dans un cadre dépassant celui de l'atelier et œuvrant à la définition et à la diffusion d'un nouveau répertoire stylistique. Dans cette optique, ces différents indices permettent de questionner l'existence d'un « artisanat de cour » propre à ces sociétés protohistoriques. Dans ce milieu, la maîtrise technique de l'artisan se met au service de l'artiste et l'on devine les liens qui unissent la genèse du premier style celtique à l'ébullition de cet « artisanat de cour » ouvert aux influences et accédant, par sa proximité avec le pouvoir, aux registres méditerranéens.


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